lundi 22 juillet 2013

Traitement de texte ou logiciel de mise en page ? (partie 2)

Laisser un Commentaire
Avec beaucoup de retard sur la sortie de cette deuxième partie nous allons présenter les possibilités de mise en page à partir du traitement de texte Writer de LibreOffice. Je le préfère à Microsoft Word car il possède quelques fonctionnalités et souplesses supplémentaires utiles dans un travail de mise en page. La plupart des remarques ci-dessous peuvent néanmoins s'appliquer à l'un ou l'autre des logiciels.

L'objectif primaire d'un traitement de texte est de permettre la saisie du texte tout en restant généraliste afin de produire toute sorte de documents divers comme des rapports, des courriers, du publipostage, des documentations, des romans, etc ...

Afin de rendre la présentation du texte attrayante, ces logiciels disposent de fonctionnalités de formatage du texte et, de manière assez basique, de mise en page. Comme l'impression étant généralement réalisée par des imprimantes bureautiques (laser ou jet d'encre), les fonctions avancées destinées aux imprimeurs sont absentes.

Le traitement de texte

Composition de la page

Vue du maquettiste, la page standard d'un traitement de texte est décomposée en 4 blocs :
  • Le corps de la page, qui contient le texte à proprement parlé ;
  • L'en-tête ;
  • Les notes de bas de page ;
  • Le bas de page.
L'en-tête et le bas de page sont des éléments de décoration. Ils permettent notamment d'afficher la pagination, l'affichage de titre et autres informations permettant aux lecteurs d'avoir des repères pour naviguer dans le livre. Les éléments associés à ces 2 blocs sont reportés de page en page.

Avec LibreOffice, il est possible de créer des styles de page. Pour chaque style de page, on pourra définir la taille de la page, son orientation, le fond de page, le nombre de colonnes, le contenu de l'en-tête et du bas de page. Le changement de style de page est réalisé par un saut de page manuel. Dans le cas de l'utilisation de style de page, le contenu de l'en-tête et du bas de page est spécifique à chaque style. Vous pouvez également indiquer que la page suivante est dans un autre style ce qui est intéressant pour créer des pages de garde ou de titre de chapitre.

Le bloc de notes de bas de page n'apparaît que si, dans le texte du corps de la page, il existe une référence à une note. Sinon ce bloc est invisible et il ne prend pas de place sur la page.

La structure de la page est donc assez rigide contrairement à un logiciel de PAO. Il faut savoir également que le nombre de page sera calculé automatiquement en fonction de longueur du texte et du nombre de saut de page manuel inséré. Contrairement à la PAO où chaque page compte et donc c'est le maquettiste qui défini le nombre de page qu'il désire. À lui de faire rentrer le texte à l'intérieur du nombre de page prévu.

Ici, si vous ajoutez du texte quelque part dans votre document, cela décalera le texte qui suit et si vous aviez déjà fait la mise en page de celui-ci, vous aurez à la revérifier pour être certain qu'il n'y a pas de saut de page mal placé ou qu'un tableau ne se trouve pas maintenant à cheval sur 2 pages.

Vous me direz peut être qu'il existe d'autres blocs de texte que l'on peut disposer ailleurs sur la page mais en fait ce ne sont que des éléments de dessin qui sont attachés soit au texte soit à l'en-tête/bas de page. La structure de la page se résume donc à 4 blocs.

Orientation des pages

Les traitements de texte permettent de changer l'orientation des pages et de passer du mode portrait au mode paysage sans problème. Ce fonctionnement se traduit lors de l'export en PDF par l'affichage de la page horizontalement quand celle-ci est en paysage. Par contre en impression, ce mode de fonctionnement n'est pas toujours géré correctement. Par exemple, Lulu demande de bien respecter le format choisi à l'impression et de ne pas mixer le mode paysage avec le mode portrait.

Clairement, on est là face à un problème si on doit mixer l'orientation des pages. Un logiciel de PAO peut facilement changer l'orientation du texte et afficher la page paysage verticalement mais ce n'est pas le cas des traitement de texte. On ne peut appliquer une rotation que sur les blocs de texte ajouté (élément de dessin), ce qui n'est pas intéressant pour ce cas là.

Les colonnes multiples

Pouvoir mettre en page un document sur plusieurs colonnes permet de densifier la surface couverte par le texte sur la page. En impression, c'est important de réduire le nombre de page pour réduire les coûts. Enfin, en restant raisonnable quand même car il faut que le texte soit lisible et que la mise en page attire l'oeil de l'acheteur.

Les traitements de texte peuvent gérer les colonnes multiples au niveau de la page mais l'inconvénient est que dans ce cas on ne peut pas mixer des zones avec 1 colonne et des zones avec plusieurs colonnes dans la même page. 

Pour cela il existe les sections. Au lieu de définir la page comme multi-colonnes, on utilise le saut de section qui permet de définir pour chacune d'entre-elles le nombre de colonne désiré. Personnellement, j'aime avoir le titre qui prend toute la largeur de la page donc j'utilise cette astuce.

Autre limitation, il n'existe pas de grille d'interlignage. Cette fonction permet d'aligner parfaitement les lignes de texte sur les différentes colonnes de la page. Cette fonction n'est pas primordiale mais rendrait la mise en page plus professionnelle quand même.

Les styles

Si on peut faire du formatage direct, ce que je déconseille sauf à mettre en valeur (gras ou italique) un mot par ci par là dans le texte, tout ou presque peut être fait avec les styles.

LibreOffice permet en plus des styles de paragraphe d'avoir des styles de page, de cadre (exemple cadre d'image), de caractère et de liste. J'ai par exemple utilisé les styles de caractère dans OpenQuest pour mettre en valeur le mot OpenQuest avec une fonte spéciale et une couleur. C'est peu pratique à utiliser car il faut sélectionner le texte puis aller dans la fenêtre "style et formatage" (pas de raccourcis comme pour gras ou italique) pour affecter le style mais une fois fait, si je veux changer la couleur,  je n'ai à le faire qu'une fois au niveau du style.

Je vous conseille de passer un peu de temps pour bien définir vos styles car ça permet d'aller plus vite dans la mise en page du document. Vous pouvez créer des styles spécifiques pour certains types de paragraphes que vous voulez mettre en valeur comme les exemples, les conseils, ... Votre livre gagnera en homogénéité dans sa présentation.

Avec LibreOffice, les blocs de texte ajouté (dessin) ne permettent pas d'utiliser les styles. Vous serez obligé, si vous les utilisez, de faire du formatage direct sur le texte.


Les tableaux

Les tableaux (ou tables) sont inclus dans le texte, ce ne sont pas des blocs externes. La largeur d'un tableau sera donc associée à la largeur du texte.

En mise en page, on peut considérer les tableaux comme des images. Ça permet de les placer précisément dans la page. Ici ce n'est pas possible et vous devrez peut être le déplacer dans le texte pour qu'il soit à la bonne place. Dans le cas d'un texte en multi-colonnes, si vous voulez que votre tableau dépasse de la largeur d'une colonne de texte, il faudra utiliser les sections.

Avec LibreOffice le contenu du tableau peut être géré avec des styles mais pas son apparence (bordures, couleur de ligne, etc ...). Il y a une astuce, mais je ne l'ai pas vraiment utilisé, c'est l'auto-format. À la place j'ai utilisé le formatage direct de tableau ce qui est vraiment fastidieux. L'auto-format permet de créer un modèle de tableau en fonction d'un tableau existant. Vous pouvez donc utiliser ce modèle pour créer les tableaux suivants. Néanmoins, si vous devez changer quelque chose dans l'apparence de vos tableaux, ce modèle n'est pas un style ... il faudra revoir chaque tableau manuellement (ou ré-appliquer manuellement un nouveau modèle à chaque tableau) - Cela reste fastidieux si le nombre de tableau est important ...

Une astuce, pourrait être de créer les tableaux avec Writer ou Calc de LibreOffice, d'ouvrir dans LibreOffice un nouveau document Dessin (Draw) et faire un collage spécial Métafichier GDI (menu Édition / Collage spécial ). Le tableau est alors transformé en image et il suffit de le copier à nouveau et de le coller dans Writer pour que celui-ci peut être utilisé comme une vrai image. L'inconvénient, c'est que pour le modifier vous devrez refaire la même opération.


Les Illustrations

Il est courant de rajouter des images dans le texte et bien entendu un traitement de texte permet de faire ça très bien. Comme on est dans un logiciel qui travail avec du texte, le placement d'une image peut se faire :
  • Par rapport à la page : ici même si le texte bouge (ajout en amont de la page par exemple) l'image ne bougera pas. C'est le mode de fonctionnement le plus proche de celui d'un logiciel de PAO.
  • Par rapport au paragraphe ou au caractère : On associe l'image à un paragraphe. Si le paragraphe bouge dans la mise en page (ajout ou suppression de texte en amont) alors l'image aussi. C'est parfois utile, le résultat peut aussi être gênant car si l'image bouge votre mise en page peut être complètement chamboulée.
  • Comme un caractère dans le texte : Permet un placement plus précis dans le texte. Je dirai que c'est utile pour ajouter un symbole graphique dans un texte dans le cas où il n'existerai pas de police de caractère pour représenter ce symbole.
Le terme dans LibreOffice est Ancrer l'image. 

Dans LibreOffice, lors qu'on insère une image dans le texte, il est possible soit de l'incorporer soit de la lier. La deuxième solution est la plus intéressante : si vous modifiez le fichier de l'image, l'image sera aussi modifiée au prochain chargement du document dans LibreOffice. Si vous voulez modifier une image incorporée alors il faudra la supprimer dans le traitement de texte et l'ajouter à nouveau ce qui peut avoir comme effet de changer votre mise en page.

Attention, les modifications de l'image dans les traitements de texte sont très limités. Souvent, il vous faudra travailler l'image avec un logiciel de dessin avant de l'ajouter à votre mise en page. 

Par exemple avec LibreOffice, il n'est pas possible de :
  • Faire des rotations sur les images. C'est possible sur les éléments de dessin mais pas les images.
  • Créer un cadre autour de l'image qui permet de choisir la partie de l'image à afficher après un zoom par exemple sans modifier sa taille dans la page.
Par contre vous pouvez facilement adapter le texte autour de l'image en  :
  • Modifiant le contour de l'image. Par exemple pour un losange on peut créer un contour pour que le texte suive les diagonales du losange plutôt que la forme carré/rectangulaire de l'image.
  • Ajouter des espacements autour de l'image ou du contour pour que le texte ne colle pas l'image.

Les gabarits de page

On a vu que l'on peut gérer, avec LibreOffice, des styles de page. C'est ce qui se rapproche le plus des gabarit de page des outils traditionnels de PAO.

Le style de page permet de modifier l'orientation de la page, la taille et les marges. On peut aussi modifier d'autres éléments comme :
  • L'arrière plan qui peut être une couleur ou une image (sous word 2007, il est possible de mettre un filigrane mais pas une vrai image de fond). Attention, cette couleur/image ne s'applique que sur le cadre du texte principal. Il y a donc un contour blanc (qui correspond aux marges de la page). Pour couvrir la taille complète de la page, il faut mettre les marges à zéro et gérer des pseudo marges dans les styles des paragraphes (retrait avant et après le texte).
  • Les en-têtes et bas de page en y ajoutant du texte et même des éléments de dessin ou des images. Si vous voulez ajouter un texte vertical (comme un titre de chapitre) sur le bord de la page, il suffira alors d'attacher ce bloc de texte soit à l'en-tête, soit au bas de page.
  • Avoir un style différent entre la page de droite et celle de gauche tant sur les marges (intérieure/extérieure) que sur les en-tête et la bas de page.
  • Ajouter des bordures (traits continus ou pointillés) pour chaque bloc de texte.
En PAO, on utilise aussi la notion de débord ou bords perdus. Cela permet de déplacer les marges d'impression (la foutue bande blanche autour de la page sur laquelle l'imprimante ne sait pas imprimer) en dehors du format final du livre. Ça permet d'avoir une page imprimée complément sans bande blanche autour. La notions de débord n'est pas gérée avec les traitements de texte, si on veut simuler un débord, il faut partir sur un format personnalisé de page de la taille du format voulu + la marge du débord.

Les index et sommaires

Il s'agit ici d'une des fonctions de base des traitement de texte. Il est donc facile de gérer à partir des styles "Titre ..." un sommaire pour votre livre. De même les fonctions d'index existent mais il faut indiquer dans le texte les mots ou termes à inclure dans l'index.

L'export PDF

LibreOffice permet d'exporter nativement un document texte en PDF. Les options sont réduites mais permettent quand même de gérer la résolution des images (pour faire par exemple un PDF en 72dpi pour lecture sur écran et un en 300dpi pour l'impression). A noter qu'il propose aussi le support du PDF/A-1a utilisé en impression. Les index et les sommaires peuvent être exporté comme signet permettant une navigation rapide dans le PDF.

Si le traitement de texte ne permet pas d'export en PDF, il reste la possibilité d'utiliser des imprimantes PDF comme PDFCreator mais les options sont plus limitées.

Conclusion

Utiliser un traitement de texte peut être une bonne solution pour un premier projet. C'est abordable (d'abord financièrement et ensuite du côté des fonctionnalité) et c'est de toute le façon un outil indispensable pour écrire votre livre.

On arrive à des résultats corrects et même parfois presque identiques à celui d'un travail réalisé avec un logiciel de PAO. Par exemple, la mise en page de DungeonSlayers 3.X en VF a été faite avec le traitement de texte OpenOffice et la version originale avec InDesign. La différence n'est pas flagrante pour le lecteur mais il faut dire aussi que la mise page de la VO n'est pas non plus très complexe ...

J'ai également réalisé la mise en page d'OpenQuest VF avec LibreOffice.

Maintenant si vous voulez donner un cachet plus pro à votre mise en page, il faudra aller vers des logiciels de PAO. Le travail est différent car il s'agit plus d'un outil d'artiste que de traitement de texte. Ce sera l'objet d'un prochain article.
Lire ...

mardi 2 juillet 2013

Nouvelles images pour Niil Univers

Laisser un Commentaire
De nouvelles images sont disponibles dans la galerie de Niil sur DeviantArt.

Pour la mise en page du futur livre, j'ai opté pour un style résolument moderne (même pour un jeu "Fantasy") fortement inspiré des nouvelles éditions de Casus Belli ainsi que de D6ident. Le livre sera en couleur et chaque chapitre aura sa couleur ajoutant un repère visuel permettant au lecteur de se repérer rapidement dans le livre.

Comme le travail est encore long avant la sortie du livre, voici de quoi vous donner l'eau à la bouche :





Lire ...

Un nouveau logo pour Terd Seglet

Laisser un Commentaire
Mon fils m'a créé un nouveau logo pour remplacer la tête de mort avec la larme de sang que j'utilisais jusqu'à présent.

Le nouveau logo, en plus d'être moins morbide, représente mieux l'esprit du nouveau blog en symbolisant à la fois le jeu de rôle (par le d20 même si tous les jeux n'utilisent pas de d20) et les univers imaginaires (ici médiéval et SF).

J'utiliserai maintenant ce logo dans toutes les publications auxquelles je serai amené à participer afin de promouvoir ce blog et son esprit libre.
Lire ...